Papilles en voyage au Domaine Grégoire Hoppenot

Domaine Grégoire Hoppenot

Les chats ont plusieurs vies ; sept à ce qu’il se dit. Grégoire, dont la légende dit qu’il ronronnait quand il buvait du Beaujolais, a lui aussi voulu déclencher le compteur en s’accordant une seconde vie. Et comme nous allons le voir, l’homme retombe bigrement bien sur ses pattes.

Jusqu’à ses 38 ans, notre « néo-vigneron » était négociant. Il évoluait dans le milieu des caves de vignerons du Beaujolais. Ce fut la cave des vignerons de Bel Air à Belleville puis la maison Trénel. Cela crée une solide expérience.

A 38 ans, les psychanalystes freudiens disent que l’on a largement dépassé l’âge de raison. Pourtant, c’est alors que Grégoire décide de franchir les derniers obstacles qui le séparent encore de l’activité de vigneron. Il n’y a finalement pas d’âge pour laisser libre cours aux ambitions et aspirations profondes qui se font jour. Fleurie deviendra alors le palais de sa nouvelle vie bachique.

De jolies parcelles pour le nouveau domaine Grégoire Hoppenot

Les terroirs qu’il acquiert donnent incontestablement dans la qualité. L’ambition est affichée et lancée. Sur le cru Fleurie (9 ha du domaine environ) les lieux-dits se nomment : Les Morriers, Les Garants, Poncié, La Roilette et les Roches. Mais notre vigneron fraîchement installé ne s’arrête pas là. Le cru Morgon avec le lieu-dit Corcelette (un des plus qualitatifs) rentre à son tour dans l’escarcelle du domaine.

L’homme ancre sa vision de vigneron sur l’importance des terroirs et la valorisation de ceux-ci. L’envie de les sublimer, la volonté que les vins arrivent à retranscrire autant que possible les caractéristiques du lieu où ils sont nés. Bien évidemment cela se fait aussi dans le respect des marqueurs du millésime. Dame Nature impose sa partition, elle est la cheffe d’orchestre. Mais le soliste a tout de même liberté d’interprétation ; et c’est heureux !

fleurie

Le travail à la vigne

Grégoire a entamé une conversion progressive en bio. Mais cela ne se fait pas d’un claquement de doigts ; surtout quand au total, le domaine fait quasiment 10 ha. Notre vigneron souhaite garder autant que possible un enherbement en hiver dans ses vignes. Une bonne partie des sols de ses parcelles sont sableux, plus ou moins profonds, avec une roche granitique, parfois affleurante. L’objectif est d’apporter de l’humus pour redonner de la matière organique à ses plantes. Par ailleurs, cette approche d’enherbement permet de lutter contre l’érosion, ce qui est fréquent sur des sols sableux. En outre, certaines de ces vignes sont plantées en coteaux particulièrement abrupts (Fleurie Clos de l’Amandier et Morgon Corcelette – 30 %) donc l’enherbement contribue à lutter contre ce phénomène.

Les vignes sont plantées majoritairement en gobelet et en haute densité (10 000 pieds/ha), approche « classique » dans le Beaujolais. Parfois, comme sur le Clos de l’Amandier, Grégoire conduit la vigne 50 % en Gobelet et 50 % en Cordon. Le lieu-dit Les Roches comprend une partie de la vigne conduite en Cordon également. L’âge des vignes du domaine est assez variable. Cela va de 5 à 90 ans. Les vignes les plus jeunes se trouvent sur le lieu-dit Les Roches à Fleurie. Les plus anciennes plantent leurs racines à Fleurie également sur le lieu-dit, Les Moriers. Les vignes auront, elles aussi, connu plusieurs vies finalement.

Le travail au chai

La vinification de Grégoire est traditionnellement beaujolaise. Elle se fait en cuve béton avec une vendange entière. Les levures indigènes sont de rigueur. C’est l’expression du terroir qui est recherchée. L’extraction trop poussée est proscrite. Les macérations sont autour d’une dizaine de jours. Cela étant, pas question que les vins du domaine soient fluets et tout pâlichons. Par conséquent, selon les millésimes, les cuves connaissent grillage, remontage, délestage. Ce sont là des opérations traditionnelles dans le cadre des vinifications. Elles servent à extraire plus ou moins : tanins, pigments colorants, arômes. Chacune apporte ses caractéristiques. Globalement, l’extraction se veut douce avec des températures maîtrisées.

L’élevage se déroule dans la même logique de respect du fruit et de pragmatisme. Les vins peuvent être élevés en cuve béton, foudres, et fûts de plusieurs vins (dans des proportions variables selon les cuvées). La recherche de structure et de complexité dans le vin se fait en prenant bien soin que l’élevage ne prenne jamais le dessus sur le vin. Globalement l’élevage dure 8 mois.

2018, le premier millésime du Domaine Grégoire Hoppenot

Grégoire commence très fort sa nouvelle vie de vigneron avec un millésime de toute beauté. Chez Beaujolais & Co, on l’adore. C’est un millésime qui sait jouer de la séduction sur la jeunesse. Selon les endroits, les crus, les styles de vignerons, il est taquin, fripouille. Mais il sait aussi présenter un potentiel de garde absolument incroyable. A suivre assurément.

Les vins du domaine n’échappent pas à la règle. Grégoire a réalisé ici un véritable coup de Maître. Des Morgons tout en structure qui demandent à vieillir un peu afin de s’assagir et de s’arrondir. Les oublier quelques années leur fera du bien. Si vraiment l’impatience nous saisit, il ne faudra pas hésiter alors à passer son vin en carafe 2 h avant de le déguster.

Les Fleurie Moriers sont déjà plus sages et séducteurs avec une structure plus soyeuse et délicate. Les Fleurie Clos de l’Amandier ne sont pas non plus en reste de ce côté-là. Une gourmandise, des vins juteux qui proposent un fruit de belle facture. La cuvée « Origines » est quant à elle, d’un équilibre, d’une fraîcheur qui rendent le vin absolument délicieux avec un petit accent bourguignon avec son nez cerise, sous-bois.

La gamme est aboutie et cohérente. On a hâte de pouvoir goûter les prochains millésimes.

Le Domaine en Synthèse 

Localisation

  • Fleurie
  • Domaine environ 10 ha

Appellations, cuvées proposées

  • Morgon – Lieu-dit Corcelette
  • Fleurie « Origines ». Il s’agit d’un assemblage des climats Les Roches, Les Garants et La Roilette.
  • Fleurie « Indigènes ». Il s’agit d’un assemblage des lieux-dits Les Roches et Les Garants.
  • Fleurie « Clos de l’Amandier ». Il s’agit d’un Monopole du Domaine sur le climat de Poncié.
  • Fleurie – Lieu-dit Les Moriers

Cépages

Gamay noir à jus blanc

Style

  • Vins d’une grande finesse
  • Elevages bien maîtrisés
  • Très bon potentiel de garde
  • Vins révélateurs de leur terroir

Signes Particuliers

  • Vinification traditionnelle à la Beaujolaise : Grappes entières, cuves béton
  • Une très belle réussite d’ensemble pour ce premier millésime
  • Levures indigènes
  • En cours de conversion Bio

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier