Interviews : les meilleurs sommeliers de France et d’Angleterre nous parlent du Beaujolais !

Exceptionnel, et exclusif !

Beaujolais & Co vous propose pas moins de 4 interviews « stars » sur le Beaujolais.

Nous commençons par les 3 sommeliers finalistes du Concours du Meilleur Sommelier de France : Pierre Vila Palleja, Florent Martin et Aymeric Pollenne. Puis nous adoptons un angle plus « British » avec l’interview de Xavier Rousset, Master Sommelier, Meilleur Sommelier d’Angleterre.

Chacun nous raconte sa vision du Beaujolais et nous aide à décrypter ce vignoble. Atouts, faiblesses, relation au consommateur mais aussi enjeux d’avenir. Les grandes thématiques sont abordées en toute simplicité et transparence.

Voilà un focus de qualité et original qui vous est proposé.

Pourquoi eux ?

Chez Beaujolais & Co on a voulu questionner notre bien-aimé Beaujolais. Ces échanges sont là afin de nous éclairer, de prendre du champ, de la hauteur. La mise en perspective est toujours utile.

Pour cela, on a décidé de faire appel aux trois sommeliers finalistes du Concours du Meilleur Sommelier de France 2021. Tous trois sont jeunes, implantés à Paris et travaillent en restaurant gastro ou étoilé, auprès d’un public amateur de vins.

Les vins du Beaujolais se sont toujours illustrés hors de ses frontières naturelles. Paris, la capitale, s’est trouvée généreuse terre d’accueil ; les pays anglo-saxons et asiatiques également. Fort de ce constat, nous avons aussi choisi de vous offrir un focus « outre-manche » sur notre vignoble favori.

Mais historiquement aucun de ces sommeliers n’était un grand amateur de beaujolais. Petit à petit leur conversion s’est faite. Pourquoi, comment ? Il nous semble intéressant de se pencher sur ce regard à la fois « candide » en ce qui concerne le Beaujolais et professionnel-expert en ce qui concerne l’univers du vin.

Ces quatre sommeliers sont un relais entre les vignerons et les consommateurs. Pour ces raisons, il nous semblait intéressant de les entendre.

Nous sommes convaincus de la nécessité de (re)découvrir le Beaujolais. Cela passera entre autres par des sommeliers de renom en relais de goût et d’opinion. Mais n’oublions pas la presse (spécialisée ou/et généraliste), les institutionnels et les vignerons eux-mêmes évidemment.

Partir d’un constat, puis partager des pistes de réflexions sur les enjeux d’avenir, voilà présentés ci-dessus nos échanges.

Vins et vignerons, le discret et chaleureux sens de l’accueil

La convivialité marque les esprits de tous ceux qui dégustent du beaujolais ou qui viennent se balader dans les vignes visiter les domaines. La rondeur du vin, sa bonhommie, son côté friand. Ne parle-t-on pas de vin de copains ? Cela est sans compter l’accent et la décontraction du vigneron qui vous accueille les bras ouverts, en toute simplicité.

Ici, personne ne se prend au sérieux. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne sait pas faire les choses sérieusement et avec cœur. Mais une certaine retenue, discrétion semble être une sorte de marque de fabrique comparativement au vignoble bourguignon tout proche.

Nos sommeliers dégustateurs insistent sur ce point qu’ils trouvent notable. Ils l’apprécient certes. Mais dans une certaine mesure, ils semblent presque « le regretter ». Du moins, ils insistent sur le fait que les vignerons devraient ne pas hésiter à mettre davantage en avant la haute qualité de leur travail.

Les vins en Beaujolais sont de grands inconnus

Le Beaujolais est mondialement connu ; croit-on. Le troisième jeudi de novembre, oui évidemment, la fête rassemble les curieux, les amateurs de beaujolais nouveau et de sensations fortes. Le marketing des années 70-80 est passé par là.

L’international n’est pas absent. Les Japonais, entre autres, savent à nul autre pareil s’abandonner au plaisir bachique du divin nectar. L’Angleterre, les Etats-Unis (pour ne citer qu’eux) sont aussi des marchés tout à fait conséquents pour nos vins. Mais ici, il est bien souvent davantage question de Crus du Beaujolais au travers de Fleurie, Moulin à Vent ou bien encore Côte de Brouilly ou Morgon.

Mais nous en France, finalement, quel est notre regard sur les vins du Beaujolais ? Schématiquement, il semble y avoir deux camps parfois difficilement réconciliables. Il y a d’un côté ceux qui restent sur l’amère expérience d’un beaujolais nouveau style années 90, pas bien structuré, pas bien en place… pas bien bon tout simplement. Pour eux, les vins du Beaujolais sont exclusivement synonymes de beaujolais nouveau. Le regard est loin d’être très positif.

D’autres au contraire connaissent les crus et voient en eux finesse, personnalité, parfois vins de garde. Des bons rapports prix/plaisirs comme cela, l’amateur, le connaisseur en redemandent.

Rapport qualité / prix imbattable

Une gamme marquée par l’extraordinaire rapport prix /plaisir. Voilà l’unanimité qui se fait jour ici. Tous nos dégustateurs ont souligné la haute qualité des vins à un prix absolument imbattable (voir déraisonnablement bas) …et méconnus du grand public. Mais cela ne doit pas faire oublier des soucis sur le positionnement marketing et la cohérence de la « marque Beaujolais » dans son ensemble.

Comme évoqué plus haut, trop souvent, pour le grand public, un signe « = » est mis entre beaujolais et beaujolais nouveau puis entre beaujolais nouveau et vin de basse qualité. Or, insistent nos sommeliers de circonstance, ces liens d’égalité n’ont plus de raison d’être. La meilleure qualité des beaujolais nouveaux désormais produits est passée par là. Mais par ailleurs, cela devrait conduire plus de vignerons à décliner le Gamay sur l’ensemble de son potentiel : vin friand de tous les jours, mais aussi vin de garde révélateur de terroir. Le beaujolais nouveau est-il l’avenir du Beaujolais ? Pas certain.

Mais attention, cela implique d’associer les consommateurs. En effet, il faut que ces derniers acceptent de payer le juste prix de la qualité et des coûts de productions (qui sont particulièrement hauts dans le vignoble beaujolais pour des raisons structurelles).

Cette démarche est certes en cours mais elle doit être encore amplifiée soulignent nos interviewés. L’amateur semble prêt. Mais le consommateur lambda l’est-il ?

Une pratique de vinification « traditionnelle » à questionner

Ici le point est un peu plus technique. Il est au carrefour de plusieurs dimensions. La première historique. La fameuse vinification en semi-carbonique, vendange entière. Certains de nos interviewés mettent en avant que cette pratique ne serait pas « aussi historique » que l’on aime à le répéter. Elle aurait une centaine d’années.

Par ailleurs, cette pratique ne serait pas forcément la plus adaptée pour répondre à certains enjeux du réchauffement climatique. Par exemple, la question de la maturité du raisin est une bonne illustration. Pour autant, nos amis sommeliers semblent s’accorder pour dire que le Beaujolais n’est pas le plus en danger face aux enjeux climatiques qui se font jour. Tous voient un virage pris par les vignerons qui va dans le bon sens.

Enfin, cette pratique ne répondrait-peut-être pas le mieux possible à une volonté de monter en gamme. Ils nous expliquent pourquoi.

Dans chacune des quatre interviews, ces points sont abordés. Fort de sa personnalité, son expérience et sa sensibilité, chacun y apportera son regard. D’autres enjeux seront ici-et là mis en exergue.

Bonne lecture.

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